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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 17:30

Avant de lire ce billet, allez donc lire l'article ici : http://www.20minutes.fr/economie/bourse/790204-question-eco-semaine-chute-indices-boursiers-argent-part-il-fumee#commentaires

 

Dans cet article, deux journalistes du 20 minutes (puisqu'il faut bien être 2 pour écrire autant d'énormités en si peu de lignes) vous expliquent ceci :

"Si vous avez acheté une action Société générale à 40,20 euros en janvier dernier, pour la revendre aujourd’hui à 17,20 euros, vous avez bien perdu 23 euros dans l’affaire. Mais l’argent n’est pas parti en fumée: il est aujourd’hui dans la poche de celui qui vous a vendu ses actions. [...] en Bourse, il n’y a pas d’argent qui disparaît. Seulement des gagnants et des perdants"

Alors nous allons ici reprendre une base de l'économie générale que ces journalistes feraient bien de révisier (à moins qu'ils ne leur faille simplement avoir une formation économique tout court car ils en semblent cruellement dénués et cela leur fait visiblement grandement défaut dans la conjoncture actuelle) : la notion de création et de destruction monétaire.

 

Cette notion s'exerce dans divers cas, comme celui d'un prêt ou encore celui d'une cotation boursière.

Ainsi, revenons sur l'exemple précis de cet article : la quotation en bourse et la valorisation d'un action.

D'abord, rappelons quelques définitons :

Une action, c'est un titre indiquant la possession d'une partie du capital d'une entreprise. Son cours fluctue plus ou moins souvent selon sa liquidité, et en fonction de l'offre et de la demande. Ainsi, plus il y a de demande sans personne pour vendre en face, et plus laction va monter, et vis et versa.

"La bourse" est le terme générique qui définit les marchés d'échange des actions. Ces bourses sont situées dans les principales villes mondiales et servent aux entreprises et aux particuliers à s'échanger des titres (actions, obligations, ...) contre de l'argent. Le calcul de la valeur selon la règle de l'offre et de la demande est fait par des acteurs privés, tels que Nyse Euronext pour la bourse de Paris.

 

Reprenons maintenant la vie d'une action depuis son émission, avec des chiffres fictifs mais simples à saisir.

Je suis créateur d'une entreprise, j'ai désormais une petite boutique qui est estimée à une valeur de 100 000€. Je décide de la vendre sous la forme d'une introduction en bourse où tout un chacun pourra alors acheter tout ou partie de mon entreprise. J'en reste le directeur en attendant que les actionnaires n'exercent leurs droits de gestion de l'entreprise et ne décident éventuellement de mettre quelqu'un d'autre à sa tête.

Lors de l'introduction en bourse, j'ai décidé de créer 100 000 actions, qui vont donc, selon la valeur estimée de ma boite, être vendues 1€ pièce.

Si plus de 100 000 € sont proposés, l'introduction est dite "sur-souscrite" et l'action commence dès son introduction à prendre de la valeur puisque la demande est supérieure à l'offre.

Si au contraire on ne me propose que 50 000€, je me retrouve avec une action qui baisse car elle est "sous-vendue". Les 50 000 actions restantes restent en ma possession, mais ne valent plus que 25 000€ environ au cours du marché.

Vient alors la quotation, que nous allons prendre en temps réel pour simplifier les choses en estimant l'introduction faite sur un marché très liquide. Mon action a donc été sur-souscrite et se retrouve à 3€/actions. Pour ma part, je n'ai toujours que 100 000€ en poche, puisque j'ai bien vendu 100 000 actions à 1€ aux investisseurs. A ce moment là, nous nous retrouvons donc dans un cas de création monétaire pour un montant de 200 000€ (les 100 000€ investits étant devenus "subitement" 300 000€ soit une différence de 200 000€ qui ont été créés). Oui oui, vous avez bien lu, ces 200 000€ ont été créés ! Ils sont apparus dans la masse monétaire sans que rien de nouveau ne soit fabriqué ou produit.

Maintenant, mes investisseurs sont content de leur plus value, il revendent tous leurs actions pour un total de 300 000€ à d'autres investisseurs qui pensent que l'action va encore grimper. Manque de bol, mon entreprise commet une grosse bourde et se retrouve à devoir dédommager des clients. Le bilant affiche des pertes, et les investisseurs ne trouvent plus preneur pour les actions de mon entreprise au bord de la faillite. L'action chutte alors à 0.5€ ! On vient alors d'assister à une destruction monétaire de 250 000€. En effet, lorsque les premiers investisseurs ont vendu et empoché leurs 300 000€, l'action vallait réellement ce prix sur le marché.

Ils ne m'ont donc pas pris l'argent que j'ai perdu comme le disent les journalistes du 20mn, cet argent s'est réellement envolé, il est vraiment parti en fumé, par processus de destruction monétaire. Au même titre que ceux qui ont acheté à 1€ pour revendre à 3€ ont gagné 200% de gain sans rien me faire perdre (puisque quand j'ai introduit mon action en bourse, je l'estimais valoir 100 000€ et l'ai bien vendue à ce prix), ce qui se retrouvent alors avec des actions achetées 3€ qui en valent 0.5€ ne se sont pas fait volés par les vendeurs à 3€ puisque lors de l'achat l'action valait bien ce prix !

Ce que disent les journalistes reviendrait à dire : j'ai acheté une maison 100€, je n'ai réussi à la revendre que 70€ car entre temps le marché à baissé, donc le vendeur qui me l'a vendu 100€ s'est fait 30 sur mon dos. C'est sans doute plus simple à conceptualiser pour un non initié, mais cela n'en demeure pour autant pas moins faux.

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Published by Tytenite - dans Actualité
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commentaires

Glorfindel 20/09/2011 02:22



100% d'accord, sans intervention du marché !!!


Et entre-temps ton entreprise n'a rien perdu ni rien gagné ....